J'ai regardé par la fenêtre et j'ai vu défiler ma vie en même temps que j'ai vu défiler les trammways.
J'ai mis cette musique qui me rend heureuse; [♪ ] Et je suis restée ainsi longtemps, face à moi-même.
j'ai pensé que je n'avais que 20 ans mais que j'en avais vécu déjà des choses.
Des voyages, des gens, des soirées, des échecs, des hommes...
Des relations sexuelles mais pas amoureuses. Je me suis dit ma fille tu n'as vécu que ça,
une bonne quinzaine de relations sexuelles sans compter les expériences chelous et c'est ça qui a finit par te rendre malheureuse.
Pourtant j'ai pris mon rôle de tentatrice au sérieux, je l'ai vécu, sans jamais ronchonner, mais j'étais triste. Je ne faisais que me contenter.
J'ai pensé, petite Anna, tu as tellement de choses à cacher,
tu as parfois l'impression d'avoir plusieurs personnalités en une. Je me suis dit, ma puce, ce qui t'a toujours rendu malheureuse c'est ta trop grande solitude intérieure, ces hommes qui n'ont jamais vraiment été là pour toi et pour ce que tu es à l'intérieur, ce sont aussi ces blessures trop grandes dont tu gardes secrètement les cicatrices.
Mais là j'ai levé les yeux vers le ciel déjà étoilé, et j'ai souri.
Parce que je me suis dit, bella, tu n'avais jamais rien connu de l'amour, si bien que tu as fini par en avoir peur, ça t'a toujours porté la poisse pour ça aussi que tu t'es contenté juste du sexe, c'est un domaine que tu adores puis de toute façon c'était comme ça. Mais tu t'es rendu compte que l'amour t'y croyais quand même,
oui seulement depuis aujourd'hui.
Et ce soir face à ta fenêtre, seule avec toi-même, ça faisait si longtemps que tu ne t'étais pas posée face à toi-même.
Ce soir avec tes peurs secrètes, tu revis au grand jour et tu te rends compte que malgré les séquelles récentes cachaient au fond de toi,
tu ne le dis pas mais tu es heureuse.